Le secteur de la voyance attire des escrocs organisés, parfois structurés en réseaux, qui ciblent des personnes fragilisées par un deuil, une rupture ou des difficultés financières. Les sommes extorquées atteignent régulièrement plusieurs milliers d’euros.
Voici les mécaniques les plus courantes, et ce qu’il faut faire si vous en êtes victime.
1. La peur fabriquée
« Vous êtes envoûté. » « Il y a une lourdeur sur votre famille. » « Quelqu’un vous veut du mal. »
Le principe est simple : créer une angoisse qui n’existait pas, puis vendre le remède. Plus vous êtes inquiet, plus vous payez vite et sans réfléchir.
La règle : un praticien honnête ne crée jamais de peur.
2. Les paiements en cascade
Un premier versement raisonnable. Puis un deuxième, « parce que le travail est plus lourd que prévu ». Puis un troisième, « pour ne pas laisser le rituel inachevé, ce serait dangereux ».
C’est le piège de l’engagement progressif : chaque somme déjà versée rend l’arrêt plus difficile, par peur d’avoir perdu le reste.
La règle : un tarif annoncé est un tarif définitif.
3. Le retour affectif garanti
Probablement l’arnaque la plus lucrative, parce qu’elle vise des personnes en pleine souffrance amoureuse.
Personne ne peut contraindre les sentiments de quelqu’un d’autre. Ni par un rituel, ni par une bougie, ni par quoi que ce soit. Le libre arbitre n’est pas négociable.
Ce qu’un travail énergétique peut faire, c’est vous libérer, vous — couper ce qui vous retient attaché, apaiser la blessure. C’est l’objet du déblocage amour, et je suis claire là-dessus : il vous concerne vous, pas l’autre.
4. Les rituels facturés à la carte
« Rituel de désenvoûtement : 300 €. » « Bougie de protection : 150 €. » « Purification familiale : 500 €. »
Ces catalogues n’ont aucune réalité derrière eux. Ils existent pour justifier des montants élevés sur des prestations invisibles, donc invalidables.
5. Le chantage émotionnel
« Si vous arrêtez maintenant, cela se retournera contre vous. » « Votre fils est en danger tant que ce n’est pas terminé. »
On dépasse ici la simple escroquerie : c’est une pression psychologique exercée sur une personne vulnérable. Aucune pratique honnête ne fonctionne ainsi.
6. L’urgence permanente
« Il faut agir avant la pleine lune. » « Si on attend, ce sera trop tard. »
L’urgence empêche de réfléchir, d’en parler à un proche, de comparer. C’est exactement son rôle.
La règle : rien ne presse au point de vous empêcher de dormir dessus une nuit.
7. L’identité introuvable
Un prénom seul, un numéro surtaxé, aucune mention légale, aucun SIRET, une adresse introuvable. Si les choses tournent mal, vous n’avez personne à mettre en cause.
Un professionnel déclaré assume son identité dans ses mentions légales.
Le test des trente secondes
Quatre questions :
- Est-ce qu’on me fait peur ?
- Est-ce qu’on me demande plus d’argent que ce qui était annoncé ?
- Est-ce qu’on me garantit un résultat ?
- Est-ce qu’on me presse de décider tout de suite ?
Un seul « oui » suffit pour arrêter.
Vous êtes déjà tombé dans le piège ?
D’abord : ce n’est pas votre faute. Ces réseaux ciblent délibérément des personnes en situation de fragilité, avec des techniques rodées. La honte est l’un des ressorts qui empêchent de porter plainte — c’est ce sur quoi ils comptent.
Ce que vous pouvez faire :
- Coupez tout contact. Bloquez le numéro, ne répondez plus. Les relances jouent sur la culpabilité.
- Conservez les preuves : messages, relevés bancaires, captures.
- Contactez votre banque immédiatement. Selon le moyen de paiement, une opposition ou une contestation reste parfois possible.
- Signalez les faits aux services officiels de signalement en ligne du ministère de l’Intérieur, ainsi qu’à la DGCCRF.
- Portez plainte. L’escroquerie et l’abus de faiblesse sont des infractions pénales. Même sans espoir de récupérer les fonds, votre plainte peut contribuer à faire tomber un réseau.
Le service national Info Escroqueries oriente gratuitement les victimes.
À quoi ressemble une pratique saine
Des tarifs fixes annoncés. Un paiement unique, avant la séance. Aucun rituel additionnel. Aucune promesse. Une identité vérifiable. Et la liberté de ne jamais revenir.
Les critères positifs sont détaillés dans comment choisir un bon médium.

